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Jan Kounen (2)

Otherworlds En repérage au Mexique et au Pérou pour le tournage de Blueberry, Jan Kounen découvre le Shamanisme des indiens Shipibo, en Amazonie, et passe 4 années avec eux. Il en sortira en 2004 un documentaire, Other Worlds que j'ai vu récemment.

Leur religion est basée sur des expériences : des états de conscience modifiée (ECM) sont provoqués par l'inalhation d'un mélange plantes hallucinatropes. La chakruna, qui contient des moélcules DNT actives, et l'ayahuasca, qui ne provoque ni accoutumance ni toxicité sont mélangées ingénieusement (comment ont-ils pu trouver cette combinaison de 2 plantes sur les 80.000 en Amazonie ?) en un breuvage pour obtenir ces états. Le chant envoûtant des shamans aide aussi obtenir ces états qui, depuis Le Discours de la Méthode de Descartes et son "rêve dans le rêve" sont connus.Ayahuasca

L'ECM doit rester une expérience faite pour se soigner et connaître l'essence de la vie et non un trip pour s'amuser. Lors de ces rituels notre conscience s'affine pour percevoir l'essence de la vie et notre corps : les visions de double hélice et de serpent sont connues par les indiens depuis des siècles alors que l'ADN n'est connue en Europe seulement depuis 48 ans. Ce rituel qui doit être strictement encadré par les chefs de la communauté car dangereux en provoquant des états de "mort imminente contrôlée" fait également surgir nos peurs les plus enfouies auxquelles on doit faire face.

Shipibo Bref il reste encore beaucoup à apprendre de la culture shamanique. Cependant ces rituels et autres ECM restent dangereux, notamment pour des personnes ayant des troubles psychiques, et peuvent provoquer des psychoses : le réalisateur Jan Kounen a subi un état schizophrénique pendant une semaine, alors que le dessinateur Moebius qui avait consommé des champignons hallucinogènes dans sa jeunesse a eu sa perception du monde modifiée pendant des dizaines d'années et il en a souffert. Reste à savoir si le jeu en vaut la chandelle; actuellement je ne le pense pas, peut-être dans un futur proche des avancées scientifiques seront faites à ce niveau.

Rédigé le 26 juillet 2006 dans Attention aux yeux | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Joann Sfar : concert du 19 juillet 2006

Drunkdads072006_1 Hier soir, je suis allé avec Nouschky à un concert chez Habibi, un café niçois fort sympa dans le XII°, donné par le dessinateur Joann Sfar et son ami le musicien Bratch. La formation s'appelle les Drunk Dads, car comme le rappelle Joann en début du concert, Bratch et lui ont en commun d'être des papas - prenant volontiers du rosé ou de la Heinekken ;) - et c'est pour ça qu'ils nous arrivaient un peu fatigués.Sfar_029

Pour 20h, on était une petite dizaine de personnes, puis une trentaine au plus fort de la soirée, vers 21h30. Du coup on en a profité pour lui demandé de nous faire un dessin sur sa dernière bd Klezmer. Et puis le concert a commencé avec Bratch a la guitare et Joann a l'ukulele acoustique, personnalisé avec un dessin de petit vampire. On a même vu Fabien, le pote à Joann si souvent dessiné dans ses carnets. Et puis il y avait des têtes apparemment présentes aux dernières ukulele sessions qui préféraient rester à l'extérieur tant il faisait chaud à l'intérieur.

Sfar_020 Bon, pour un premier concert Joann s'en est pas trop mal sorti, on excusera leurs fautes par leur bonne humeur, les sourires complices de Bratch et les introductions rigolotes de chansons par Joann. Et aussi par la chaleur et parce qu'ils sont des papas super-actifs. Bref la soirée était sympa, nouschky et moi avons pris des photos et les avons accompagné aux maracasses (nouschky, étant musicienne, maîtrisait !), et Bratch nous a remercié à la fin.

Pour télécharger les 24 photos, ça se passe ici : bratch_et_sfar_chez_habibi.zip

News du 25 juillet
- Les photos sont disponibles sur le site de Joann :
http://www.pastis.org/joann/musique/concertBratch2006.html
- Mon voisin de table a pris une photo où on me voit bien accompagné :p
http://www.garz-place.net/ed/joannsfar/grogro/drunkdads0706/photoConcertHabibi-Petros22.html
- et une video où on peut voir les joueurs de maracasses :
http://www.garz-place.net/ed/joannsfar/grogro/drunkdads0706/Photo%20601.avi

Rédigé le 20 juillet 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)

La danse du Coup de Boule

Et voilà le parcours tricolore de cette coupe du monde 2006 résumé en 2 chansons!

Zidane y va marquer (qui se trouve aussi sur le blog de Leafar)

Anelka il va jouer, seulement sur sa PSP.
Cissé il s'est blessé...
Chimbonda il a été pris...
Zidane y va marquer...


Zidane il l'a frappé

Le rital il a eu mal, Zidane il l'a frappé.
La coupe on l'a ratée, on a quand même bien rigolé.
Trézéguet n'a pas joué, quand il a joué il a tout raté
Attention, il va tirer ! 1, 2, 3 ! C'est raté !
Barthez il n'a rien arrêté !

La deuxième chanson a été créée le lendemain de la finale pour dédramatiser la situation (la sortie en demi-teinte de Zidane et la défaite)... Le prochain France-Italie en septembre promet d'être musclé. En attendant, attention à vous, la danse du Coup de Boule sera la danse de l'été !

Rédigé le 17 juillet 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Jan Kounen (1)

Jankounen_1 Jan Kounen (né 1964 aux Pays-Bas) est un réalisateur français, surtout connu pour ses court-métrages complètement déjantés, créés entre 1989 et 1996 :

1989 : Gisèle Kérosène (Grand Prix d'Avoriaz)
1990 : L'Âge de plastic (avec l'excellent groupe nantais Elmer Food Beat)
1994 : Capitaine X, Né pour Mourir
1994 : Vibroboy (Prix de la Recherche au Festival de Clermont-Ferrand)
1996 : Le Dernier chaperon rouge (avec Emmanuelle Béart et Marc Caro qui participe souvent aux films de Jean-Pierre Jeunet)

En 1997, il réalise un long-métrage, le controversé Dobermann avec Vincent Cassel et Monica Bellucci.
En 2004, il réalise Blueberry encore avec Vincent Cassel (le meilleur acteur selon lui), basé sur les BD de Moebius que Jan Kounen admire particulièrement.

Mais qu'a-t-il bien pu faire entre 1997 et 2004 ? S'est-il pris 7 années sabbatiques (hop, un oxymore au passage) comme je le pensais? La réponse au prochain post !

Rédigé le 12 juillet 2006 dans Attention aux yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Djembé

Djembe Le djembé est une percussion africaine composée d'un fût en bois (en principe les bois denses sont de meilleures qualités) et d'une peau de chèvre ou d'antilope maintenue et tendue par des cordes. Il est originaire d'Afrique de l'Ouest, notamment du Mali et du Burkina Faso. Dans des pays comme le Sénégal il connaît un fort succès auprès des touristes depuis les années 90 si bien que des forêts entières sont rasées pour produire des djembés souvent de piètres qualités vendus aux Européens ou aux Américains.
Si cet instrument est rythmique, il comporte néanmoins 3 "sons" :

  • la basse : son grave marquant le rythme
  • le tonique : son mat de base
  • le claqué : son aigu surtout utilisé pour les solos

Petite démonstration de solos par Isiaah Chevrier, un djembéfola de 4 ans incroyablement doué pour son âge.

Rédigé le 06 juillet 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Michaël Dudok De Wit

Dudok A l'occasion de la sortie de sa nouvelle animation (The Aroma of Tea), voici un post sur Michaël Dudok De Wit. Né à Utrecht (Pays-Bas) en 1953, il passe par chez Disney avant de se consacrer à la réalisation de court-métrages. Voici ses animations les plus connues :

  • (1994) The Monk & The Fish (Crayon, fusain et colorisation numérique, 6 min 30)
  • (2000) Father and Daughter (Encre de chine, peinture sur cellulo et aquarelle, 8 min)
  • (2006) The Aroma of Tea (Thé sur papier, 3min30)

Dans The Monk & the Fish (Le Moine et le Poisson), vous pouvez entendre le magnifique thème des "Folias" de Corelli, que le musicien catalan Jordi Savall a remis au goût du jour (cf le post de Nouschky). On pourra aussi noter la participation du dessinateur Guy Delisle (Shenzhen, Pyongyang..) et du producteur Jacques-Rémy Girerd (La Prophétie des Grenouilles). Quant à l'interprétation de cette animation, certains y ont vu la figure christique dans le poisson (symbole de la chrétienté) mais Dudok De Wit affirme ne pas l'avoir réalisé dans cette optique. Bon visionnage! ;)

Rédigé le 29 juin 2006 | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Ukulele

Tiki_flea L'ukulele est un instrument originaire des îles Hawaï qui a souvent été utilisé dans des films américains - dans Certains l'aiment chaud par exemple - pour apporter une touche d'exotisme. Ci-contre une photo de mon ukulele, le modèle Tiki Flea. Aux Etats-Unis des guitaristes comme Jimi Hendrix ou Neil Young ont fait leur début sur ukulele. En France Dionysos, Arthur H (qui aime les instruments originaux, cf le post de Stabu) et Thomas Fersen l'utilisent occasionnellement. Le joueur le plus célèbre et doué à l'heure actuelle est un Hawaïen d'origine japonaise, Jake Shimabukuro, "le Jimi Hendrix de l'ukulele", qui interprète ici sur un ukulele ténor "While My Guitar Gently Weeps" d'un autre grand joueur de ukulele, George Harrison.

Rédigé le 26 juin 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

La Photographie au XXème siècle

Graphexcrop Depuis les années 1980 la photographie est enseignée dans les écoles d'art : elle est dorénavant enfin reconnue dans les milieux artistiques. Comment a-t-elle su s'imposer comme un art à part entière alors qu'à l'instar de Baudelaire beaucoup la considérait comme une simple technique, un "subterfuge" ?

La naissance à proprement parler de la photographie s'inscrit dans une période positiviste. Elle serait laOrnans façon de reproduire fidèlement la réalité avec une grande exigence scientifique. Gustave Courbet s'intéresse au réalisme au même moment dans "L'Enterrement à Ormans" ou dans L'Origine du Monde présentant le sexe féminin et ayant défrayé la chronique de l'époque. Dans la lignée d'Auguste Comte on écarte toute subjectivité pour rechercher une attitude impersonnelle à l'égard du monde de la nature. Les réalistes considèrent la photographie comme une rivale mais pas comme un art. Des relations vont alors se tisser entre les deux techniques : de nombreux artistes vont travailler à la fois sur la peinture et la photographie. Bonnard travaille sur le flou de la photographie pour le transférer dans la peinture. Brancusi apprend de Man Ray : un laboratoire de photo est créé dans son atelier de sculpture. Suite à Nadar, la mode dans le milieu bourgeois à Paris est de se faire photographier pour faire des cartes de visite (1870-1880). De nombreux ateliers photo se développent : la reconnaissance sociale des clients est importante. On les photographie alors avec des accessoires mettant en évidence leur statut social. La police commence aussi à utiliser cette technique.

Ayamonte_2 A l'Ecole d'Art de Düsseldorf, Bernd et Hilla Becker enseignent la photographie et l'utilisent comme méthode d'enregistrement pour faire des séries de châteaux d'eau ou d'usines : ils constituent alors des répertoire assez exhausitfs. L'allemand Andreas Gursky est une figure de proue de la fin XXème pour ses photos neutres, de grand format (2m sur 2m environ), faites de manière à ce que le spectateur soit exclus du sujet. Exemple : "Ayamonte" ci-contre. Autre artiste allemand important, Thomas Ruff photographie le visage de ses amis avec le moins d'expression possible dans les années 70, seul le format diffère des photos d'identité. Dans cette esthétique de la neutralité, il les place sur un fond neutre. La française Sophie Calle (avec Bolkanski et Messager) fait une sorte de journal intime : la Suite Vénitienne (1980). Elle suit un homme à son insu jusqu'à Venise et prend des photos de lui. Elle se fait employer à Venise comme femme de ménage dans un hôtel et prend des photos de sa chambre. Au début des années 90 elle travaille avec l'écrivain américain Paul Auster pour créer le Leviathan. L'américaine Nan Goldin, influencée par la photographie de l'intime, travaille dans les milieux durs de New York : prostiution, milieu transexuel et gay, drogue et alcool, sida.. Elle y prend des photos de ses amis et de ses compagnons dans leur vie de tous les jours et surtout dans leur vie intime.
Wittgensteins_color_1989_1
La photo contribue aussi au développement de l'art conceptuel. Dans les années 1965-70 elle joue un rôle important, réduisant le savoir-faire pour développer la pensée. L'américain Joseph Kosuth, artiste conceptuel, juxtapose une définition britannique de la chaise avec une photo de chaise. Autre exemple de ses travaux ci-contre : "Wittgenstein's color" (1989). Jean-Marc Bustamante fait des cadrages de tableaux. Sujimoto photographie des personnages en cire dans des positions de peinture. La canadien Jeff Wall, historien d'art, met en scène des situations banales du quotidien et les expose dans des caissons lumineux, faisant référence à la publicité. Il s'inspire aussi de tableaux : l'échange peinture-photo est dorénavant particulièrement enrichissant.

Rédigé le 23 juin 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

BD et Aquarelles (2)

Joann_sfar Notes au sujet de l'aquarelle (suite des notes de Joann Sfar) :
4) Quand on croit qu'on a un problème de couleurs, c'est souvent qu'il y a un souci de dessin en dessous. Un dessin raté ne se rattrape pas avec les couleurs, il se jette à la poubelle.

En revanche, 2 possibilités s'offrent après un dessin bien fait :
- soit il est parfait en noir et blanc et il ne faut pas le colorier.
- soit il lui manque un petit quelque chose et dans ce cas on prend des aquarelles.
Pour se procurer de bonnes aquarelles, direction Boutique Dubois, à Paris : les meilleures marques sont Windsor & Newton ou "la marque à la chouette" Schminke. En tout état de cause, il ne faut pas se fier aux couleurs qui sont sur/dans les boîtes (la dessinatrice Nadja utilise un vert boueux dans le flacon qui devient brillant sur le papier) et c'est à nous de trouver notre propre technique : les gens qui rationalisent la couleur et l'aquarelle sont des imbéciles selon Blain.

Notes à propos des couleurs :
Que ce soit Hugo Pratt, Emmanuel Guibert, ou Gipi (cf le dernier article de Flyintiger), ils sont tous Petit_nicolasd'accord : on ne colorie pas une page de BD avec des couleurs mais avec une couleur. Ou, plus exactement, on effectue un travail autour d'une couleur.

Christophe Blain, auteur notamment de l'excellent Isaac le pirate, est un autre aquarelliste très bon, qui utilise l'aquarelle pour ses carnets de voyage : il y met les couleurs le soir, de mémoire. Gipi suggère la lumière de manière originale : il crée un fond chaud auquel il rajoute des touches froides et il laisse du blanc pour que l'oeil puisse se reposer.
Quentin Blake est pour sa part un illustrateur anglais, très connu pour ses dessins pour enfants : je l'ai connu par ses couvertures de livres de Roald Dahl, notamment de "Matilda". Sempé ne s'intéressait pas non plus à la BD, il la critiquait même à l'époque, n'empêche qu'il restera un grand dessinateur et écrivain à la plume et au pinceau légers.

Rédigé le 16 juin 2006 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le Corps dans l'Art du XX°siècle

KleinIl est nécessaire avant tout de différencier l'art moderne de l'art contemporain.
On parle d'art moderne depuis 1905 : avec sa remise en question de la perspective on considère Cézanne comme le père de l'art moderne. S'ensuivent avant-gardisme, futurisme organisé autour du poète Marinetti, et art abstrait en 1908 avec Kandinsky. On parle d'art contemporain depuis 1970, depuis que l'art est reconnu par des institutions culturelles ou artistiques.

Dans les années 50, Yves Klein s'intéresse au corps, utilisé comme "pinceau" pour faire ses Anthropométries. Cette utilisation du corps s'inscrit dans une logique de "libération" du corps vis-à-vis de la religion. En effet depuis Léonard De Vinci seulement des dissections sont pratiquées. Les artistes améliorèrent dès lors la représentation du corps. Le mouvement est représenté notamment dans Les Danseuses de Degas. A partir de 1960, le Body Art (art corporel) se développe. Kapprow instaure les happenings. Le corps est montré dans un événement, exposant ainsi la relation entre artiste et environnement mais ces oeuvres d'arts sont éphémères. Photos et vidéos vont donc être utilisées pour laisser des traces.

Orlan2 Face à l'émergence des sociétés de consommation les réactions sont diverses. Chez Les Actionnistes Viennois ou chez Gina Pane, on remarque des violences à l'égard du corps. A l'inverse Klein se réfugie dans le bouddhisme et le zen. Le corps est dorénavant utilisé comme objet d'expérimentation de la sensibilité. Fin XVIIIème, Rousseau faisait de la marche pour réfléchir. Cette marche est réintroduite dans les Kacannées 60 en tant qu'activité physique et artistique : Richard Long réalise des marches dans le désert et y prend des photos. Le couple Marina Abramovic et Ulay décident de se séparer à partir de la muraille de Chine : ils partent chacun d'un point pour se retrouver et se dire adieu (recherche sur le lien et la séparation). L'allemand Beuys traverse un marécage en 1975. Orlan  travaille dès les années 70 sur con corps. Elle mesure le Centre Pompidou avec son corps, revêtue en robe blanche (coupée et vendue par la suite). Elle explore aussi la chirugie avec son corps en se faisant des implants de 2 bosses de chaque côté du crâne, l'opération étant filmée. Le Body Art version Chris Burten : se faire tirer une balle dans son bras par un pote. L'artiste Eduardo Kac fait quand à lui des expériences de gènes sur des animaux : la lapine Anna devient vert fluo.

Innocent Côté peintres, Francis Bacon s'intéresse à la représentation du visage, chez les Papes notamment. Irlandais d'origine, il s'intéresse tout d'abord au design de mobilier et,  influencé par le cubisme et Picasso, peint après 1945. Il est marqué par un grand désespoir : Wodaabevisages torturés, ou corps convulsifs, il se penche sur la mort à l'oeuvre et le côté tragique de la condition humaine. Il reprend notamment le Portrait d'Innocent X de Velasquez en l'exprimant avec de la souffrance. En créant des espaces absurdes, de nulle part, il veut ainsi éliminer la narration.

Finalement, vivre c'est faire corps avec la sensibilité, être un tout sensible. Chez le  peuple des Dogons, on ne dit pas "bonjour" mais littéralement "comment va ton corps?". Le corps appartient ainsi à une culture ; chaque société produit un corps spécifique. Dans la culture occidentale, la religion a par le passé provoqué un rejet voire une haine du corps. Dans Tristes Tropiques, Claude Levi-Strauss remarque que le corps des indiens ne peuvent pas rester "bruts"; ils doivent être peints. Ainsi, toute culture invente son corps et est une invention du corps.

Rédigé le 12 juin 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Shugo Tokumaru : l'ovni nippon

Shugo_lst2005_coverjgMusique (IV)
Shugo Tokumaru est un musicien japonais comme j'aimerais en voir plus souvent. Dans son second album, L.S.T. (comme dans son premier Night Piece d'ailleurs) la première surprise est son chant doux, agréable à écouter, si rare dans la musique nippone ; on ne peut effectivement pas dire que les 2 musiques les plus écoutées au Japon, la J-Pop et le J-Rock, soient particulièrement belles. Voici la chanson Paparazzi du premier album :


Qu'un artiste japonais soit distribué en Europe, par les français d'Active Suspension, est aussi remarquable : à part quelques grands noms comme le dj/rapper DJ Krush ou les compositeurs de film Ryuichi Sakamoto ou d'animation Joe Hisaishi, la musique japonaise n'a pas vraiment le vent poupe. Quant aux mélodies, voilà ce qu'elles m'inspirent..

Si tu tends l'oreille...
L'album s'ouvre avec "Mist" (brouillard) : on se sent confus, perdu dans le brouillard des sons et on y  cherche un chemin. Eseulé, on hésite à avancer dans "Mushina". On se décide alors à avancer, sans trop savoir où l'on va. Si l'on tend l'oreille on peut entendre le train reliant le réel à l'onirique arriver Tokumaru2_1dans "Mizukagami". Il nous emmène à travers la campagne japonaise pour nous laisser au bord de la forêt. "Karte" suggère la beauté baroque de l'environnement que l'on découvre.

Dans "Kiiro", on se trompe de chemin, on s'y perd et on se pose à l'ombre douceresse des sakura en ce mois de juin pour arrêter le cours du temps. Le soleil chasse peu à peu l'ombre pour nous rappeler qu'il y a encore du chemin à faire. On reprend la route doucement dans "Vista" : on se sent léger et bien. Mais, déjà, le soleil commence à décliner dans "Metrion" et on se dit qu'on n'a pas fait beaucoup de chemin. On hâte alors le pas dans "Yukinohaka" et on prend plaisir à écouter le chant discret des oiseaux ou à y découvrir des sensations indicibles quand le soleil nous éblouit au détour d'une clairière. Dans "Amayadori" on entrevoit la fin du chemin mais on est heureux ; heureux d'avoir tendu l'oreille et heureux d'avoir parcouru ce bout de chemin.

Tout ce cheminement est finalement une quête du moi dans les méandres des rêves, désirs et souvenirs qui aboutit dans "5 AM (tears below the freezing point)" à un regard neuf et joyeux sur soi et sur le monde qui nous entoure. On voit alors un nouveau jour poindre à l'horizon...

Bonus "post"-post
Petite video trouvée suite à la rédaction de ce post de "Karte", réalisée par Mumbleboy (www.mumbleboy.com) : j'avais plutôt bien interprété les sensations que Shugo Tokumura voulait nous communiquer! :)

Rédigé le 09 juin 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)

BD et Aquarelles (1)

KlezmerBD (II)
Je profite de la lecture de la derniere BD du grand Joann Sfar, Klezmer 2, pour parler d'aquarelles. Bon, avant tout, petite présentation du monsieur et de Klezmer.

Joann Sfar, dessinateur hyper-actif, est, en l'espace de quelques années, devenu la référence française en BD, au même titre que son ami Lewis Trondheim. Et pour cause : le grand Joann est d'une part très doué pour le dessin (son passage aux Beaux-Arts et aux cours de morphologie y est pour qqchose) et d'autre part très intéressant (maîtrise de philo oblige). Passion, intellligence et créativité aussi : ses personnages et leurs décors (de Donjons à Grand Vampire) sont tous plus originaux les uns que les autres.
L'intérêt de Klezmer est double. Le fond : l'histoire se passe dans l'Europe de l'est (sa femme y est originaire, de même que le prénom de leur fille, Tautmina). La forme : utilisation (peu commune en BD) d'aquarelles d'où ses notes en annexe, histoire de joindre l'utile à l'agréable.

Notes au sujet de l'aquarelleKlezmer13_1
1) Il faut mettre beaucoup d'eau.
2) Il ne faut pas colorier dans les traits.
3) Il ne faut jamais donner aux choses leur vraie couleur.
L'aquarelliste Quentin Blake avoue que si on progresse tout au long de sa vie en dessin, en ce qui concerne les couleurs il n'est "pas plus avancé qu'il y a 50 ans".
Les références en matière d'aquarelles sont : Christophe Blain et Emmanuel Guibert (dont je parlerai dans un prochain post), Gipi (cf le post de Flyintiger), Mattotti (cf mon post) pour les vivants et Hugo Pratt, Paul Klee ou Sempé. Bref, pas étonnant qu'il se débrouille avec de tels maîtres.

Notes au sujet des techniques digitales modernes :
L'appareil photo numérique, le programme de graphisme informatique, la caméra digitale : autant de surdoués serviles qui obéissent à la moindre pression de l'index; l'impression de puissance qu'ils confèrent à l'utilisateur masque une irrémédiable stérilité.

Notes au sujet du dessin
On n'a pas besoin d'être un bon musicien pour être heureux avec un instrument en mains. A l'inverse dès qu'il est question de dessin, les Français (à l'inverse des Chinois par exemple) font preuve de plus de pudeur, ils n'osent pas dire "je dessine juste par plaisir, peu importe si ça ne devient pas mon métier." Enfin, il souligne le fait que "le dessin est un petit chemin spirituel qui ne dérange personne".

Rédigé le 07 juin 2006 | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

Le Bauhaus

Art Contemporain (V)
Dessay_bauhaus2 L'école Bauhaus ouvre en 1919 à Weimar, suite aux critiques virulentes de l'industrie en Angleterre fin XIX°s, formulées dans "Les Pierres de Venise" de John Ruskin. William Morris, un élève, fonde des ateliers : c'est la naissance d'Arts & Crafts. Artisans et artistes s'inspirent du Moyen-Age et de la culture orientale. Les élèves ne copient plus des modèles (l'art est l'imitation de la nature) mais en imaginent de nouveaux. Ce mouvement artistique s'inscrit dans une utopie sociale alors que l'Angleterre redéveloppe les guildes : il y a alors un désir de créer un art populaire en Angleterre. A Vienne, il y a un mouvement identique alors qu'en France on crée le Musée des Arts Décoratifs et l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Le design est en train de naître en injectant de l'esthétisme aux objets du quotidien.Bauhaus_students_1

L'Allemagne se base aussi sur le modèle anglais : de petits ateliers proposent des meubles, des ustensiles de cuisine et du textile. Deux ateliers, venant de Dresden et München, fusionnent : c'est la création du Deutsch Werkstätte, similaire à l'Arts & Crafts anglais. Des entreprises commandent des objets à des artistes. L'architecture industrielle se développe également. Walter Gropius devient le 1° directeur du Bauhaus et diffuse en 1919 dans un manifeste ses idées. Il y a alors 150 étudiants qui répandent ces idées. Avec Gropius le verre est de plus en plus utilisé, avec Peter Behrens c'est le design industriel qui se développe. Les maîtres de forme sont à la tête des aterliers; ce sont des artistes reconnus. Un réseau de production et de diffusion se développe alors.

Lampe_bauhausL'artiste suisse Johannes Itten démissionne du fait de la commercialisation des objets. Il enseigne la liberté du geste en lien avec la respiration et la calligraphie chinoise. Kandinsky, pionnier de l'art abstrait, y enseigne aussi des cours. L'atelier de verre est dirigé par Josef Albers : des travaux abstraits sont réalisés comme des carrés jaunes sur fond jaune. Les résidus de verre sont travaillés pour la création de vitraux. Peter Keller utilise des couleurs primaires et des formes basiques (triangle, cercle) pour réaliser des objets fonctionnels comme un berceau. Cela fait penser au mouvement hollandais Stilj qui utilise des formes géométriques et des couleurs simples. L'atelier de céramique conçoit des objets dans une perspective de production pour acquérir l'autonomie financière. Adolf Sommerfeld commande à Meyer et Gropius une maison faite à partir d'une épave : c'est une nouvelle conception de l'habitation. Des maisons très organisées sont aussi bâties. L'atelier textile est pour sa part constitué surtout de filles. L'abstraction et la production sont toujours de mises. L'atelier métal est dirigé par Borland (?). Des formes rondes sont utilisées pour les coupes et les tasses. Une lampe moderne est créée : on utilise des formes minimalistes et fonctionnelles.

TrtenEn 1925 l'école déménage à Dessau; elle y est détruite puis reconstruite. La Cité Törten à Dessau (ci-contre) est commencée en 1926 avec 60 maisons identiques côte à côte. Les habitants vivent dans des maisons rationnelles et modernes. Dans l'atelierBreuer_1 graphisme on étudie la typographie. En 1932 l'école doit déménager pour Berlin car elle est considérée comme un repaire de communistes. Le directeur Meyer laisse sa place à Mies van der Rohe. En avril 1933 Hitler fait fermer l'école car on y trouve une liberté de création et d'innovation ainsi qu'une certaine idéologie. Ils émigrent alors aux Etats-Unis et créent des immeubles à Chicago. Le Bauhaus continue alors de rayonner par des artistes comme Wassily Kandinsky, Paul Klee, Marcel Breuer (à droite) ou Marianne Brandt.

Rédigé le 01 juin 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Festival de Cannes : 59è édition

Films (III)Ken_loach_4
Cannes_2006 Que de bons réalisateurs primés pour cette 59° édition du Festival de Cannes! La  Palme revient au Britannique Ken Loach (ci-contre), connu pour ses films sociaux traitant souvent de la jeunesse britannique (cf. les excellents Sweet Sixteen ou Just A Kiss). The Wind That Shakes The Barley traitant de la guerre d'indépendance irlandaise sortira début novembre en France. Pedro Almodovar renoue quant à lui avec le succès après sa Mauvaise Education. Enfin le réalisateur mexicain de 21 Grammes, Alejandro Gonzales Inarritu, est également récompensé tandis que Marie-Antoinette de Sofia Coppola ne reçoit aucune récompense. A noter que Loach et Inarritu ont tous deux contribué au film 11'09"01 sur les événements du 11 septembre.

Palme d'Or
The Wind That Shakes The Barley
, de Ken LoachVolver_1

Grand Prix
Flandres
, de Bruno Dumont

Prix du Scénario 
Pedro Almodovar
pour Volver

Prix de la Mise en Scène
Alejandro Gonzales Inarritu
pour Babel

Prix d'Interprétation Masculine
Les acteurs d'Indigènes de Rachid Bouchareb

Prix d'Interprétation Féminine
Les actrices de Volver de Pedro Almodovar

Prix du Jury
Red Road
, d'Andrea Arnold

Rédigé le 31 mai 2006 dans Attention aux yeux | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Muse : Supermassive Black Hole

Musique (III)
Muse Je profite de la sortie du dernier clip de Muse, Supermassive Black Hole, pour soulever une question : les chants aigus sont-ils (re)devenus une norme en pop-rock ? A regarder de près, la plupart des grands groupes recourent de plus en plus aux aigus : les Red Hot Chili Peppers avec leur dernier album Stadium Arcadium, Muse avec sa dernière chanson entièrement chantée en "voix de fausset", ou encore les White Stripes avec Get Behind Me Satan et notamment cette chanson, Blue Orchid.

Cette évolution du chant est à mettre en parallèle avec l'évolution de la société (cf Look et Société). Les mecs revendiquent dorénavant leur part de féminité et une certaine sensibilité; maquillage et voix aigues ne sont désormais plus le seul apanage des filles. Cela fait penser aux années 1960-1970 avec les Beach Boys et les Bee Gees et la période Flower Power même si le contexte est différent. En tout cas les maisons de disque ont vu juste en produisant de telles chansons que le grand public accueille bien et nul doute qu'il en sera de même avec le dernier album de Muse. Allez, place au clip tout frais!

Rédigé le 28 mai 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Le Mou et ses Formes

Maurice_frechuret Art Contemporain (IV)

« Parce que, plus qu’aucun autre, le XXeme  a suscité des formes aléatoires- produits d’une pratique artistique de plus en plus expérimentale- l’histoire des formes ne peut paraître crédible que si elle inclut une histoire de l’informe. Il est important de comprendre les métamorphoses qui ont affecté la production artistique par l’introduction, par exemple, de matériaux dont l’inconsistance structurelle a notablement modifié le vocabulaire formel, en perturbant le cours normal par un enrichissement intensif. Ces pratiques introduisent dans le champ artistique des notions nouvelles comme la réversibilité, l’amovibilité, la perméabilité, la relativité et l’aléatoire. (…) Les pratiques artistiques n’ont jamais cessé d’inclure, depuis Marcel Duchamp, d’aussi étranges matériaux et, partant, d’ouvrir le champ des formes à autant d’aventures.

MARCEL DUCHAMP

Duchamp « Marcel Duchamp a souvent dit son intérêt pour la notion de hasard et très tôt, dès les années 10, certaines de ses oeuvres commencèrent à prendre en considération le fait aléatoire que, traditionnellement, les artistes réfutaient ou dissimulaient, arguant de son étrangeté rédhibitoire au projet même de l’art.

(…) Il est probable que Marcel Duchamp n’ a jamais été gagné, en ce début de siècle, par l’engouement futuriste pour un monde en mouvement permanent où le sur place est dénoncé comme une arriération intolérable. Il est bien incertain qu’il ait même voulu prêter l’oreille aux divagations modernistes d’un Marinetti ou d’un Malévitch pour qui la stagnation et la vie sédentaire sont les signes d’un monde débile et passéiste. Il est sûr que l’homme nouveau, que les idéologues de l’art voulaient habiller d’une combinaison de pilote et expédier aux quatre coins de l’espace, ne correspondait guère à l’idée que Marcel Duchamp pouvait se faire et de l’homme et de la vie à mener. Pourtant le voyage est une marque constante de son œuvre.

(…) La sculpture de voyage provient de bonnets de bain caoutchouc dans lesquels Marcel Duchamp a First_papers_of_surrealism_2 découpé des rubans, sorte de lamelles, de couleurs différentes et de dimensions variables selon la tension à laquelle on les soumet. L’artiste précise encore : »ça prenait tout une pièce naturellement. C’étaient généralement des morceaux de bonnets de bain, en caoutchouc, que je découpais, que je collais ensemble, qui n’avaient aucune forme spéciale. Au bout de chaque morceau il y avait une ficelle qu’on attachait aux quatre coins de la pièce ; donc, quand on entrait dans la pièce, on ne pouvait pas circuler car les ficelles vous en empêchaient. On pouvait varier la longueur des ficelles, la forme était ad libitum, c’était ça qui m’intéressait. Ce jeu a duré trois ou quatre ans, mais le caoutchouc s’est vulcanisé et il a disparu. » Précisons que la pièce disparue a été reconstituée en 1966 par Richard Hamilton pour l’exposition The Almost complete works of Marcel Duchamp, à la Tate Gallery de Londres. Il existe, par ailleurs, un document photographique qui montre la pièce originale accrochée dans l’espace de l’atelier du 33 West 67th Street à New York.

Underwood(…) Deux ans avant cette œuvre, Marcel Duchamp avait érigé une housse de machine à écrire en sculpture, sculpture qu’il avait intitulée Pliant de voyage. Tout comme Sculptures de voyage, l’original a disparu et ce sont des versions ultérieures, réalisées dans les années 60, qui sont conservées et qui peuvent être étudiées. Au total, ce sont près d’une dizaine de répliques qui ont été faites alors, toutes signées et datées par l’artiste. Le geste de Marcel Duchamp est doublement paradoxal. Il consiste d’abord à désigner tel objet manufacturé comme œuvre d’art, mais surtout, dans  ce cas précis, à choisir parmi les objets celui qui correspond le moins à l’idée que l’on se fait habituellement de la sculpture. En effet, la souplesse du matériau de la housse Underwood permet à cette dernière de Fontaine_2s’adapter parfaitement sur l’objet qu’elle est censée protéger ; mais, hors de cet usage spécifique, il est peu probable qu’elle puisse présenter un intérêt quelconque, sauf, bien naturellement, pour Marcel Duchamp qui trouve là le moyen d’introduire un élément perturbateur supplémentaire dans le champ de  la pratique artistique. Il s’en explique d’ailleurs en 1953 : « J’ai pensé que ce serait une bonne idée d’introduire de la souplesse dans le ready-made. Autrement dit, au lieu de la dureté- la porcelaine, le fer ou des choses de flexible comme une nouvelle forme- une forme changeante, c’est pourquoi la housse de machine à écrire en est venue à exister. »

La notion de souplesse déformante n’est pas vraiment absente de l’ensemble des œuvres réalisées depuis 1913. La dureté de la porcelaine de Fountain se laisse, en Belle_haleinequelque sorte, fléchir par le mode de présentation et la rigidité du fer du porte-bouteilles est relativisée par le fil qui le maintient en suspens, lui assurant une sorte de flottement qui en amoindrit la raideur d’origine.

Il y a chez Marcel Duchamp le parti pris obstiné d’introduire de l’élasticité dans les formes et les objets qui composent ses œuvres. (…) Tout comme les jeux, la sculpture molle de Marcel Duchamp se fait et se défait. Elle se plie et se déplie aux sollicitations de l’espace qu’elle perturbe, au point de le rendre difficilement praticable. Mais aussi bien, objet docile, elle peut facilement être  décrochée et ramenée à des proportions plus raisonnables.

Rrose Selavy ne se réduit pas à une opération verbale, une expérimentation phonétique du langage. Ce titre est, comme tous les jeux de mots, tous les calembours, tous  les anagrammes de l’artiste, à mettre en relation, ainsi que nous le proposent André Breton et plus récemment Arturo Schwarz, avec les pratiques alchimiques. Le mystère, le voile nouveau, qui protègent les mots, dissimulent aussi l’identité de leur auteur. Rrose Selavy puis Belle Haleine (dérivé de Belle Hélène) jettent le trouble par leur caractère équivoque.

CLAES OLDENBURG

(…) Quelques 30 ans plus tard, Claes Oldenburg, quant à lui, ne va pas hésiter à franchir le pas et, de Oldenburg_burger1962_1 façon beaucoup plus immédiate, donne à voir des objets aux formes ramollies et aux contours écroulés. Les voilà ces objets, délivrés de l’obligation de tenir la pose, libres de s’affaisser et de laisser entr’apercevoir le sens de cet affaissement ! L’œuvre de Claes Oldenburg se situe dans les perspectives surréalistes tant que ses propositions touchant l’objet se situent sur le plan formel de la dé-réalisation ; mais elle dépasse largement la problématique surréaliste dès lors que les choses de la vie quotidienne sont pour lui des objets de méditation où se concentrent les données mêmes de l’existence… Le mou est pour lui la seule réponse possible face à un monde où l’arrogance se vérifie à chaque instant dans la démesure de l’architecture comme dans le délire  démonstratif de la marchandise étalée.  Quand il lui arrive d’ériger de grandes sculptures verticales, les matériaux durs employés semblent  bien n’être qu’une autre version de ses sculptures molles, qu’une déclinaison différente, mais d’essence identique.

YVES KLEIN

Klein_peinturefeu (…) Toute la série des Mongold, son Ci-gît l’espace de 1960 et peut être aussi ses Sculptures de feu, sont les étapes décisives de cette quête d’immatérialité avec laquelle se définissent toutes les actions de l’artiste. L’éponge que Yves Klein va utiliser pourrait à la rigueur prendre place dans ce régime de l’imaginaire. Sa capacité de rétention, ses propriétés digestives permettent en forçant un peu les images, une analogie avec l’estomac. Mais l’IKB dont elle est gorgée neutralise et annihile ses propriétés car la couleur est ici éther, matière purissime et abstraite ou pour reprendre les termes de Gaston Bachelard « phénoménalité sans phénomène ».

In Maurice Fréchuret, Le mou et ses formes, éd. Jacqueline Chambon, 2004

Rédigé le 25 mai 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Eurovision et Metal

Musique (II)
Eurovision2006_1 "On est surpris qu'ils aient été retenus en finale. Ils sont nuls, ça gueule dans tous les sens, ils sont moches. Si vous avez moins de 16ans, ce n'est pas pour vous. Au zoo de Vincennes bientôt. C'est pas avec ça qu'ils gagneront."
Voici quelques commentaires de présentateurs français quand le groupe finlandais Lordi a commencé à jouer pour la 51ème édition de l'Eurovision 2006. Et encore, je n'ai pas entendu ceux de Michel Drucker qui aurait fait preuve de chauvinisme et de nombrilisme.. En tout cas cette écrasante victoire (292 points, le meilleur score de l'Eurovision), même si elle fait un gros coup de pub à l'eurovision, reconnaît et consacre le rock énervé (heavy metal dans la lignée du hard-rock d'AC-DC).

Lordi est un groupe fait pour plaire aux ado et jeunes adultes : masques à la Slipknot, déguisements mi-vikings mi-monstres, voix écorchée, musique qui bouge. Le titre de la chanson "Rock Hallelujah" est elle aussi grand public, de même que leur album Arockalypse. Seulement voilà, sur scène ils sont statiques et que dire de leurs paroles et leurs déguisements ? Bref, c'est un groupe qui fait beaucoup de concessions au marketing et ne donne pas envie d'aller plus loin, le Kyo du rock ou la Jenifer de la variet : soit on n'accroche pas et on tourne le dos au métal, soit on aime et on écoute des groupes similaires sans style avec une musique et des lyrics pauvres.

Et pourtant, je ne crache pas sur le metal, au contraire : la Scandinavie est le berceau de talentueux  musiciens. En effet, même si la plupart des groupes de metal ont des mélodies très limitées et un rythme répétitif, bourré de double-pédales, trois groupes, tous finlandais, sortent du lot avec des mélodies, des rythmes et un style uniques :
Alexi_laiho 1) Children of Bodom (death-metal): les mélodies sont très recherchées, le chanteur et guitariste Alexi Laiho (ci-contre) a un style de chant unique, est un dieu de la guitare et a uneNightwish_6 connaissance musicale riche. Un autre groupe similaire, Norther, est également très bon.
2) Nightwish (opera-metal) : la chanteuse Tarja, charmante à souhait, a une  formation de chanteuse d'opera, les lyrics et la musique sont inspirées du folklore scandinave.
3) Apocalyptica (violoncelle-metal?) : le quatuor de violoncellistes débute en faisant des reprises de Metallica au violoncelle ! Le résultat est bluffant. Suivront des reprises d'autres groupes comme Sepultura ou des compositions persos.

Alors à vos écouteurs, mais si vous écoutez ce groupe eurovisionné, rappelez-vous que l'ordi de u-lik n'aime pas Lordi. (elle est puissante celle-là) ^^

Rédigé le 23 mai 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

La Sculpture

Art Contemporain (III)

Thinker La définition de sculpture - suggestion d'un objet dans l'espace au moyen d'une matière à laquelle on impose une forme déterminée dans un but esthétique - est explorée et bousculée au XX°s. Auguste Rodin (1840-1917) représente l'idée-même de la sculpture en utilisant des matériaux durs et des matières variables (pierre, bois, marbre, ivoire), le tout posé sur un socle autour duquel on puisse tourner ; on parle de sculptrue en ronde bosse. A sa mort, il donne à l'Etat ses oeuvres et les droits de reproduction pour créer des bronzes à partir de ses plâtres. De chaque moulage, on en tire 12 exemplaires : la question de l'original est remise en question. Rodin utilisait des fonderies mais ne les contrôlait jamais ; il jetait juste un coup d'oeil avant que l'oeuvre ne soit envoyé au client.Guenon

Le Cubisme naît de la rencontre de Georges Braque et Pablo Picasso en 1907-1908. La sculpture de Fernande n'est pas une imitation mais une réinterprétation par un langage géométrique. Les Guitares (1914) de Picasso sont créées à partir d'objets de récupération. La Taulière (1954-1957) représentant une Femme à la Clef est faite à partir de briques et de tuiles.  La femme à la voiture d'enfant ou la Guenon et son petit est créée à partir de jouets, une Renault et une Panhard : il détourne les objets du quotidien.

Brancusi20interior Constantin Brancusi, d'origine roumaine, vient en France fin XIX°s. D'abord élève de Rodin il suit ensuite sa propre voie en s'intéressant notamment à la philosophie orientale. Avec ses sculptures aux bras coupés et aux visages expressifs il cherche à aller vers la simplicité. Une certaine tension se dégage de son Buste d'une femme se tenant la tête, fait en marbre blanc sur un socle en chêne, ou de L'enfant prodigue en bois sur socle en calcaire (1914). Brancusi aime représenter les arts africain et océanien qui ne sont pas considérés comme de l'art au départ. Ses sculptures Mlle Pogany ou Princesse X ont une connotation sexuelle. Les torses en bois se trouvent sur un socle en calcaire. Leda (1926), en acier, tourne et est transformée en cygne. La Colonne Sans Fin (1920) de 7m de haut, en bois, est une sculpture moderne s'orientant vers l'art abstrait. Le Baiser représente des amants s'embrassant, formant un bloc. Il crée aussi Maiastra, un oiseau issu d'un conte roumain qui guie le prince vers la princesse.

En 1928 Brancusi entre en procès contre les Etats-Unis. Ceux-ci exonèrent des droits de douane les objets reconnus comme oeuvres d'art depuis 1913. Les sculptures devaient être taillées et modelées selon des proportions déterminées et imiter des modèles naturels. Les pièces originales devaient avoir au maximum deux répliques faites par des sculpteurs professionnels. En 1926 ses oiseaux envoyés à la Galerie Brummer sont saisis à la douane (40% de la valeur).  Le procès de 1928 est le procès de l'école d'art moderne dont les tenants représentent des idées abstraites au lieu d'imiter des objets naturels. La Cour juge alors que l'objet est beau, que sa seule fonction est esthétique et que son auteur, selon les Ateliertémoignages, est un sculpteur professionnel : les objets sont exonérés des droits de douane.

Brancusi était pauvre et finit sa vie dans son atelier, impasse Ronsin, où y demeurent Max Ernst et Jean Tinguely. L'Etat veut conserver l'atelier pour permettre l'accès à la culture à tout le monde: Pontus Hulten s'inspire du Kulturhuset suédois et, en 1976, construit le même atelier avec ses outils, ses oeuvres et son lieu de vie : l'atelier y est alors consacré comme oeuvre d'art totale. Renzo Piano le reconstruira à droite du Centre Pompidou.

Rédigé le 08 mai 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Texhnolyze

TexhnoTexhnolyze est le nouvel ovni dans le paysage de l'animation japonaise. En effet les célèbres Yoshitoshi ABe (Lain, Haibane Renmei..) et Yasuyuki Ueda ainsi que le studio Madhouse ayant contribué à son élaboration, Texhnolyze ne pouvait qu'être une animation mature, très réfléchie sur le fond et la forme, et donc pas accessible aux enfants/ados ou autres fans de mangas légers (action pure, à l'eau de rose...).Texhnolyze00_2

Texhnolyze, c'est une histoire cyberpunk, celle d'Ichise, un paria qui est texhnolyzé (membres remplacés par des prothèses bioniques). Il se retrouve au centre de l'enlisement dans la violence de Lux, la cité souterraine des rejetés, créée par la Classe, les autres humains vivant à la surface de la terre. Le dirigeant Onishi et la prophétesse Ran vont alors tout faire pour éviter un cataclysme...

Simple succédané cyberpunk de Ghost in the Shell ? Absolument pas car si, à l'image Texhno2de Mamoru Oshii, Yoshitoshi ABe réfléchit et fait terriblement réfléchir, son animation se passe dans un futur plausible et beaucoup plus proche que celui dépeint dans Ghost in the Shell. J'y vois une critique des formes de communautarisme. En effet, les violents et autres méchants sont exilés sous-terre tandis que les autres restent à la surface. La communauté de la surface en ayant le beau temps, tous les biens matériels à portée de main et ne connaissant plus de violence dépérit et disparaît peu à peu. A l'inverse la ville souterraine Lux est déchirée par les luttes entre clans et l'arrivée de la technologie dans les corps humains semble être la prochaine évolution de l'homme...

Ces 22 épisodes m'ont donc à la fois diverti et enrichi, ce qui est doublement louable. La ville du nord me rappelle certains livres de Ray Bradbury. Si la vision d'ABe est très noire, elle n'en demeure pas moins perspicace sur les dérives d'aujourd'hui : communautarisme (d'idées et de comportements), développement des technologies et du consumérisme.

Rédigé le 02 mai 2006 | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

L'Art Conceptuel

Art Contemporain (II)

Adreinhardtblue Depuis le XVIII°s, le travail d'artiste est différent de celui d'artisan : le nombre d'heures n'est plus comptabilisé. Marcel Duchamp, début XX°s, s'intéresse à la question de l'objet manufacturé en série. Il rompt avec la mimesis (imitation de la nature) pour envisager un art abstrait, sans image. L'art se dérobe au récit (paysage, portrait, nautre morte, tableau religieux..), l'iconographie disparaît. Duchamp définit ainsi l'art de l'idée, l'art conceptuel : l'activité n'est plus uniquement artisanale mais aussi intellectuelle (dans la lignée de De Vinci pour qui l'art est causa mentale, activité intellectuelle). La spéculation des idées rompt donc avec l'art rétinien. Pour Duchamp, la création artistique c'est faire quelque chose : choisir, décider, réaliser des "ready-made". La complexité de l'opération artistique est ainsi mise en évidence.

Cet art de l'idée connaît au départ une résistance du grand public. En 1915, à l'Armory Show de New Elevage_poussieres_2 York, Duchamp sous le pseudonyme de Richard Mutt envoie un urinoir fabriqué en série qu'il appelle Fontaine. Cet objet envoyé au musée fait donc appel au pouvoir de l'institution pour le classer comme oeuvre d'art. Ces ready-made ne font pas appel à notre sensibilité mais à notre intellect, à l'entendement. Il rompt donc avec une catégorie d'esthétique, cantonnée entre le beau et le laid, puis le sublime de Kant : il introduit la notion d'indifférence esthétique. Dans les années 60, une réplique de la Fontaine est faite par un critique : Duchamp signe "copie conforme". Ce dernier réalise Un Elevage de Poussières en collaboration avec Man Ray qui photographie la poussière accumulée; c'est l'expression du je avec le temps. On a aussi l'impression de voir un paysage. De même, dans les années 70, Parmegiani consacre son travail à la poussière. Dans les années 80-90, Bertrand Lavier présente des coffres-forts. A noter que le philosophe allemand Walter Benjamin a réfléchi sur ces questions esthétiques du XX°s, à l'ère de la reproductibilité de l'oeuvre d'art.

Rédigé le 30 avril 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Look et Société

Mensfashion En complément au post Fashion de stabu, je fais un état des lieux de la mode et du look.
Le look vient de l'anglais to look, regarder ; les vêtements et autres accessoires sont donc la façon dont le monde nous voit, nous perçoit. Le look est ainsi utilisé soit pour affirmer son appartenance à un mouvement (musical, religieux, idéologique...) soit pour affirmer son originalité, sa non-appartenance.


Enfin ces dernières années il est également utilisé pour affirmer sa sexualité, notamment dans les Ff8_3 communautés gay ou lesbienne. Il y a aussi la mode des mecs efféminés : les metrosexuels (outre cet article de l'Express, l'émission de téléréalité américaine Queer Eye For a Straight Guy est basée sur ce concept). Dans les Poupées Russes, on peut ainsi voir Cécile de France pas féminine pour deux sous entre ses habits et ses cheveux. Autre élément que j'ai remarqué c'est l'influence qu'ont les anime (dessin animé japonais) sur le style vestimentaire des jeunes au Japon. Les looks des personnages y sont parfois tellement bien pensés qu'ils sont à l'origine de lignes vestimentaires par la suite ! J'aime bien les vêtements et accessoires des personnages de Final Fantasy, des jeux (le 8 notamment) ou du film Final Fantasy 7 : Advent Children.

Stringbonbon_1 Toujours plus loin dans la créativité, la mode des habits-bonbons : après le candy string et le candy bra, le candy porte-jaretelle débarque en Angleterre... Autre mode, le rapprochement avec la technologie. Recherche de nouveaux matériaux et introduction de microélectronique dans les habits : j'ai vu à Camden Town à Londres un magasin futuriste où se trouvent des colliers et bracelets en fil ou circuit d'ordinateur, des t-shirt avec des hologrammes et plein d'autres choses. Peut-être ces habits-gadget seront réservés à la communauté "geek"; quoiqu'il soit la mode bouge et change très vite à l'image de notre société.

Rédigé le 25 avril 2006 dans Nouvelles du web | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Le Choc des Cultures

Films (II)
Le Choc des Cultures
Lost_translation Avec la mondialisation on assiste à un choc des cultures. Saviez-vous par exemple que Coca-Cola paye l'électrification de villages au Népal pour pouvoir y mettre des réfrigérateurs ?
Ce choc peut être visible entre deux pays éloignés et différents : Lost In Translation où un américain incarné par Bill Muray est quelque peu perdu (dans sa vie et dans la ville) au Japon est un exemple parmi tant d'autres. On peut aussi penser à Stupeurs et Tremblements, le bouquin d'Amélie Nothomb ou le film d'Alain Resnais où on voit le fonctionnement en entreprise au Japon. Elément intéressant que j'ai appris récemment : les employés près de la fenêtre sont des "marginalisés" au Japon ce qui est plutôt le contraire en France.
Ce choc a lieu aussi entre des pays plus proches. Les Etats-Unis ont racheté il y a quelques années une compagnie textile anglaise et ont voulu remplacer la traditionnelle pause thé par une machine à thé : ceci a provoqué un tollé au sein du personnel si bien que les nouveaux dirigeants américains ont fait machine arrière. Enfin ce choc peut avoir lieu au sein même d'un pays : British Airways en changeant son logo impérial a à l'époque défrayé la chronique. Dans Just a Kiss de Ken Loach on peut voir les tensions entre musulmans et catholiques, pakistanais et anglais.

A la découverte de la culture
In_the_mood_for_love La différence culturelle induit une perception spécifique donc une forme de subjectivité. Ainsi considère-t-on fréquemment que rouler à gauche c'est rouler "du mauvais côté". En France on privilégie au cinéma des plans découpés alors que l'audiovisuel allemand aime bien les plans très larges, les plans séquence, les détails et les faits ; ils sont plus pragmatiques. De même le modus vivendi est différent : si l'expérience est privilégiée en Allemagne, il y a une certaine survalorisation du diplôme en France. Et si les consensus (die Mitbestimmung) entre syndicats et patrons sont très fréquents en Allemagne, en France les rapports de force sont quasi-systématiques. Ca me fait penser à une réplique de South Park : - Le peuple se la coule douce en France, alors il s'ennuie très facilement. Et quand le peuple s'ennuie, il proteste contre n'importe quoi.
Aux Etats-Unis on préfère filmer dans la continuité de l'action. En Asie et à Hong-Kong notamment on préfère les plans fixes. Les personnages rentrent et sortent du cadre : l'espace vidé d'eux suggère qu'ils font partie d'une totalité. Le rapport au temps ou à l'espace y est donc différent. Dans In The Mood for Love de Wong Kar Wai, les corps ne se touchent pas; ils se frôlent. Les jardins zen japonais ou chinois suggèrent aussi un rapport différent à l'espace. Dans les films vietnamiens et notamment ceux de Tran Anh Hung, la fleur de lotus joue un rôle symbolique. Cette fleur pure sortant de la boue suggère que peu importe d'où l'on naît, on peut toujours se réaliser. La fleur présente aussi l'aspect éphémère la vie...

Oeil La génération des années 80 n'a jamais été autant entourée de différentes cultures qui finalement s'avèrent être complémentaires. Je pense aux films hollywoodiens et aux comics, aux jeux vidéo et mangas japonais et à l'héritage culturel européen qui ont entouré mon enfance. L'Amérique m'a donné la fougue de la jeunesse, l'envie de profiter de la vie et d'aller de l'avant. L'Europe m'a donné la sagesse de la vieillesse et un regard critique. Enfin l'Asie m'a apporté un ressourcement, un calme intérieur et des introspections. Peut-être une hypothétique culture africaine émergeante pourrait m'apporter encore plus, le sens de la famille et de la fête naturelle mais, quoiqu'il en soit, la mondialisation de la culture ne peut qu'être bénéfique à qui ouvre les yeux...

NB : note rédigée à partir de conférences du réalisateur Pierre Hornberger.

Rédigé le 19 avril 2006 dans Attention aux yeux | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

L'Atelier de l'Artiste

Quel est le travail de l'artiste ? Son lieu de travail ? La créativité, l'originalité et l'innovation sont des maître-mots dans ce travail et s'inscrivent également dans un langage industriel et scientifique. Comment a pu s'opérer ce rapprochement alors que dans l'antiquité on distinguait l'otium (oisiveté) assimilé à l'activité artistique, du negotium (commerce) assimilé à l'activité économique ? Comment participe le travail artistique à la société, quel est son rapport avec la D.I.T. (division internationale du travail) ?

Art Contemporain (I)

Courbet_latelier_2 Dans l'histoire de l'art, il n'y a jamais eu d'atelier-type. Parfois lieu ambigü (cf ateliers-logements établis par le ministère de la culture), l'atelier est un lieu important pour l'artiste et a souvent été immortalisé par des maîtres comme Velazquez ou Courbet (cf L'Atelier, 1855, ci-contre; cliquez sur l'image pour l'agrandir). Le Mouvement Support-Surface avec Claude Viallat a séparé la toile du chassis pour créer des toiles de tente notamment. Des artistes ont repris des critères de vente des artisans, selon le prix horaire et des matériaux et non selon la valeur. Malgré toutes ces divergences, trois types d'ateliers existent de nos jours.

a) L'atelier privé
Gérard Garouste a réalisé de grandes peintures faisant souvent référence à la bible. A la Fondation Cartier des illustrations des Fables de la Fontaine ont pu être vues. Il a plusieurs ateliers à Paris, en Bourgogne et dans l'Orne. Rien que dans l'Orne il a 3 ateliers, différents selon les techniques utilisées.
b) L'atelier public
Daniel Buren a conçu les colonnes Buren au Palais Royal. Il travaillait au départ sans atelier pour des raisons financières. Il a travaillé ensuite sur des clôtures de chantier, son travail pouvant durer jusqu'à 15 jours non-stop sur place et étant bien entendu visible par le public.
c) L'atelier virtuel
Paul Devautour et Jérôme Joy, issus de la nouvelle génération de la révolution numérique, n'ont pas d'atelier stricto sensu. Le travail artistique change de nature : l'oeuvre est dématérialisée et l'art est conceptuel. Les discussions et les échanges se font sur la plateforme numérique; c'est le Net Art.

L'artiste peut donc créer ses propres styles et aussi innover dans ses méthodes de travail tel que dans la diffusion avec la lithographie ou l'imprimerie. Cependant, l'activité relève bien souvent de l'incertitude - mauvaise réaction des matériaux possible (réaction externe) ou remise en cause du travail (incertitude interne) -, incertitude caractérisant notre société.

NB : note rédigée à partir de conférences de la critique d'art Dominique Bilier

Rédigé le 13 avril 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

Wassup Rockers ?

Wassup_rockers
Ce qui me frappe avec les critiques de films, c'est l'art avec lequel les journalistes s'emploient à vitupérer les réalisateurs. C'est vrai qu'il n'y a jamais eu autant de sorties de films qu'en 2006 et il faut bien avoir un regard critique pour distinguer l'ivraie du bon grain. Mais, et c'est bien triste, les critiques sont souvent des "règlements de compte". Il suffit de voir la notation de la presse et des spectateurs sur des sites comme www.allocine.fr pour voir le fossé. Ainsi le directeur du cinéma d'art et d'essai Caméo de Metz et Nancy se plaignait l'an passé du peu de succès de L'Histoire du Chameau qui Pleure car descendu alors par certains journalistes. De même en va-t-il pour le controversé Larry Clark, réalisateur des brûlants Kids, Bully et Ken Park, qui s'intéresse toujours à l'adolescence alors qu'il a 60 ans (peut-être devrait-il s'intéresser aux retraités?).

Wassup Rockers traite de jeunes américains d'origine latino (Salvadoriens et Guatemaltèques) vivant dans un ghetto, à quelques heures du luxueux Beverly Hills. Ces 7 potes passent leur temps entre le skate, le sexe et le punk (à la Ramones). Les tensions y sont quotidiennes entre les latinos et les blacks. Les latinos sont qualifiés péjorativement de Mexicains alors qu'ils viennent de différents pays. Le style vestimentaire est un prétexte pour se battre : les blacks se moquent des jeans serrés des latinos et de leur style rockers. Un simple "Wassup Rockers?" énerve passablement les latinos.

Wassup_1 Le deuxième point intéressant est la différence culturelle frappante entre ce ghetto et Beverly Hills. Les  policiers, bourrés de préjugés, arrêtent facilement les latinos par simple prévention. Il leur paraît impensable ne pas connaître le "zip code" (code postal) ou de venir à Beverly Hills simplement pour trouver un bon endroit pour skater. De même, les jeunes premiers du coin voient d'un très mauvais oeil des latinos traîner dans le coin, à fortiori quand ils sortent avec leurs soeurs ou amies. Les riches de Beverly Hills sont en grande majorité blancs (quelques noirs ont aussi réussi dans le show-biz), les hispaniques y exercent souvent des métiers dans le nettoiement ou le transport. La communauté hispanique y est très soudée face aux injustices dont ils sont souvent victimes.

On peut y aussi voir les fêtes jet-set d'un microcosme malsain en déconnexion avec la réalité des ghettos. Ici la violence n'est pas physique (quoique, les fusils sont présents pour se défendre) mais surtout verbale : l'hypocrisie est de rigueur et on se tire mutuellement dans les pattes. Quand un producteur dit à Jonathan Velasquez "je pourrais lancer ta carrière", il lui répond "quelle carrière?". Pour les américains du haut de la société, tout américain rêve de réussir dans le show-biz (ou le business!) alors que les priorités sont parfois ailleurs. Ca me fait penser à un film de Jim Jarmusch, Night on Earth, où la chauffeur de taxi refuse également de démarrer une carrière d'actrice car elle aime son métier...

Rédigé le 11 avril 2006 dans Attention aux yeux | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

Les Histrions

Histrions "Les Histrions, c'est une histoire de genèse forcément. Oui. Dans ce premier épisode, nous assisterons à la naissance des étoiles puis de la terre forcément. Dieu naîtra quelques siècles plus tard. Alors les polypes suivront dans la foulée. Et oui un jour, miracle, naîtront les histrions. Et nous pourrons enfin doucement vous conter leur histoire. Une histoire d'hommes cognés contre la porte du théâtre. Une histoire d'hommes follement amoureux, mais de qui ? Bref. L'histoire fabuleuse des hommes de terre qui parfois volent près du Soleil et se brûlent un peu." Marion Aubert.

Jouée en ce moment au Théâtre de la Manufacture de Nancy, les Histrions de Marion Aubert connaît un franc succès. Et pour cause : les décors sont de véritables trouvailles, les dialogues sont très ironiques, et les musiciens s'intègrent parfaitement à la pièce comblant les temps de changements de décors en improvisant. Bref, le spectateur n'a pas le temps de s'ennuyer tant les éléments visuels et sonores sont présents. Pendant 3 heures, il pourra découvrir de nombreux personnages, joués par 16 actrices et acteurs, tous plus magiques les uns que les autres : Le Jardinier Céleste, La Lune, Le Soleil, La Femme qui voit flou, L'Homme-Sécateur, Le Petit Ministre de l'Intérieur des Jupes à Lunettes...

Deux sortes de répliques se détachent de la pièce. Les répliques caustiques incarnées par La Vieille Du Premier Rang (qu'on peut appeler la Vieille Du Premier An tant sa mentalité est arriérée) stigmatisent le manque d'ouverture d'esprit et le dénigrement systématique de certains spectateurs. Ainsi certains dialogues tournent autour du sexe : grâce à des questions telles "existe-il un cimetière de sexes ?", "êtes-vous dresseuse de sexe ?" on obtient de gracieuses métaphores filées. Mais, Les Histrions, c'est aussi et surtout beaucoup de poésie. J'ai beaucoup apprécié les métaphores de l'enfance qui s'envole, de l'innocence, de la curiosité et de la créativité perdues.

- A l'âge où d'autres ne cessent inexorablement de grandir...
- Rendez-moi les petits bruits de mon enfance...
- Je connus l'indécence : je dus me déshabiller de mon enfance...

Rédigé le 03 avril 2006 | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)

Dj Zebra

Zebra Le Bootleg consiste à mixer des morceaux plus ou moins connus. Le travail est très intéressant : il faut avoir une grande culture musicale, trouver les 2, 3 ou 4 morceaux qui peuvent êtres mixés ensemble et enfin avoir une très bonne formation musicale pour travailler sur le tempo et les harmoniques. Les mp3 sont distribués sur internet et même s'ils sont en théorie illégaux, ils sont en pratique souvent tolérés par les maisons de disque ou les artistes : c'est en effet une sorte de reconnaissance et de consécration de l'artiste que de voir son oeuvre reprise.

En France, le plus talentueux est Dj Zebra, ex bassiste de Billy Ze Kick et les Gamins en Folie. Certains mp3 sont disponibles sur son site http://djzebra.free.fr/productions.html et donnent des résultats impressionants, que je trouve souvent meilleurs que les morceaux d'origine ! Ecoutez par exemple Alice en France (Noir Désir vs Indochine) : la musique de Noir Dés' avec la voix du chanteur d'Indochine est un mélange super agréable à écouter. Prenez la patate de Diam's, ajoutez le son de U2 et vous obtiendrez Bono la Boulette : terrible !

Et pourquoi pas, pour les manifs anti-CPE, utiliser A Bas la Hiérarchie de Stupeflip (les paroles sont excellentes) sur fond de Jimi Hendrix ? Dominique de Villepin ne s'en relèverait pas..

Rédigé le 29 mars 2006 dans Du bon son | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Aya Takano

Aya_takano Second voyage en terre POKU chez une charmante artiste japonaise née en 1976, AyaHimalayas_blue_sheep_snow_tiger_wolf_peo Takano ! Dans la lignée de Murakami, Takano se réclame d'un nouveau courant artistique inspiré de la subculture japonaise. Sa palette associe coloriage et peinture dans un coloris très aqueux et dilué pour donner des résultats accrocheurs.

Son terrain de prédilection, c'est l'adolescence dans une société consumériste et débridée. A travers ses  tableaux, on peut voir des Sans_titre_2003adolescentes rêveuses ou s'ennuyant, passives en action mais résolument actives en pensées : leurs regards profonds - représentés par des pupilles très dilatées - semblent nous scruter jusqu'au fond de notre âme. Sont-elles heureuses ou tristes derrières leurs masques ? Sont-elles naïves ou perverses ?

On peut penser à plusieurs animes reprenant ces thèmes. Les Serial Experiments of Lain tout d'abord : dans une société des plus en plus informatisée, l'adolescente  s'ennuie de la vie réelle. Comment rester réel et ne pas disparaître Eptakano41pdans les mondes virtuels, être pris dans la toile (cf. la photo en bas à gauche) ? Ensuite Haibane Renmei (les Ailes Grises) : dans un décor bucolique, des adolescentes essaient de se racheter de leurs fautes passées ou même de leurs fautes originelles - on peut penser à la faute originelle incarnée par Pandore ou aux crimes de la seconde guerre mondiale - et de trouver la voie de la rédemption.

At78 Le message à comprendre est donc que l'adolescence est un passage difficile à traverser (cf. les nombreux suicides aux Japon ou le phénomène des hikikomori restant prostrés dans leurs chambres) et que même si l'Histoire ou notre propre passé ne sont pas roses, il n'est jamais trop tard pour trouver sa voie. Second message que les artistes Japonais véhiculent : il est très bénéfique de cultiver son âme d'enfant pour s'étonner des merveilles de notre monde. Dernier détail : les personnages ont des traits asiatiques et non plus européens ; l'art japonais a-t-il enfin (re)trouvé sa place face à l'art européen, s'est-il enfin décomplexé ?

Rédigé le 22 mars 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Ron Mueck

Ron_mueck
Né en 1958 à Melbourne, en Australie, Ron Mueck passe son enfance avec des parents sculpteur et fabricant de poupées en chiffons. C'est donc dans un univers créatif et ludique qu'il grandit avant de se lancer pleinement dans la sculpture en 1996.

Ce qui frappe chez Mueck (prononcer Mouick), c'est son perfectionnisme. Il construit des sculptures humaines extrêmement réalistes, jusque dans ses moindres détails : la pillosité et les veines sont bluffantes! Autre détail intriguant, ces corps de Boyfootfibre de verre ou de silicone sont de tailles tantôt gargantuesques tantôt liliputiennes. Ses dernières oeuvres, exposées début 2006 à la Fondation Cartier, ont suscité des réactions diverses, que soit pour ‘Wild Man’ (285 x 65 x 108 cm), ‘Spooning Couple’ (14 x 65 x 35 cm), Mask III (155 x 132 x 113 cm), ‘Two Women (85 x 48 x 38 cm) ou pour ‘In Bed’ (162 x 650 x 395 cm). Certaines personnes ne pouvaient s'empêcher de marquer leur peur ou dégoût. Mais la plupart du public, moi y compris, avons observé son travail avec une grande curiosité et beaucoup d'intérêt.

252_barbeTrois livres viennent à l'esprit en observant cette exposition : Alice au Pays des Merveilles de Carroll, Gulliver de Swift, et Micromegas de Voltaire. La grandeur de la taille peut en effet incarner la grandeur de l'esprit ou, à l'inverse, la grandeur de la bêtise. L'analyse et l'étude comparative peuvent être creusées en relisant ces livres. Enfin, de pouvoir plonger dans l'intimité des personnages me fait penser aux travaux des photographes Nan Goldin et Sophie Calle. Voir une femme alitée ou un couple minuscule enlacé place le spectateur en position de voyeur et sont autant d'éléments de narration laissant libre cours à notre imagination.


NB : des images sont disponibles sur le site du Washington Post

Rédigé le 20 mars 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)

Takashi Murakami

Murakami1Takashi Murakami est l'un des artistes japonais les plus populaires aujourd'hui.
Né en  1962 à Tokyo, il est le représentant d'une génération imprégnée de l'imaginaire manga et c'est pourquoi on lui associe souvent le mot Poku (Pop + Otaku : culture populaire et fan d'animations japonaises).
Reflet de la société contemporaine, dans sa complexité et ses contradictions, son oeuvre s'inscrit également en écho au Japon traditionnel de l'ère Edo. Considéré comme l'un des chefs de file du néo-pop japonais, il revendique l'héritage de Warhol et du pop art américain, tout en analysant la manière dont l'art japonais peut trouver une autonomie face au modèle occidental.
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Parmi ses oeuvres les plus récurrentes, on trouve les Champignons, les Yeux, les Fleurs, et des  personnages comme Mr. Dob, Kaikai Kiki et Kitagawa-Kun. Allez visiter www.takashimurakami.com pour un voyage en terra otaku des plus tripants.

Et pour creuser la question de la culture et de la société japonaise, je vous propose un entretien pertinent accordé par Murakami en 2000: www.jca-online.com/ murakami.html.

Rédigé le 17 mars 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)

Lorenzo Mattotti

LettresduntempseloigneC'est par hasard, à la recherche de la dernière bd de Sfar, que je suis tombé un jour sur une bd de Mattotti, Lettres d'un Temps Eloigné. D'abord intrigué, son style unique m'a vite fasciné, et je vais essayer de vous communiquer mon engouement.

Mattotti se fait un nom rapidement en 1981 en lançant une bombe graphique, Monsieur Spartaco, qui témoigne rapidement de son attrait pour la couleur. Suivront les bandes-dessinées Labyrinthes, Murmure ou Feux qui illustrent d'une part son indéniable talent de dessinateur et, d'autre part, sa vocation de poète. Le choix des couleurs, l'utilisation de pastels, et ses scénarios très métaphoriques font vite de Mattotti un artiste reconnu et apprécié.
 
C'est avec l'Homme à la Fenêtre, Stigmates ou Docteur Jekyll et Mister Hyde qu'il atteint le sommet de Nell_acqua_1 son  art. Les dessins et les mots ont une telle force qu'ils ne peuvent laisser le lecteur indifférent. Stigmates ou L'Homme à la Fenêtre sont légers de par leur trait, profond de par leur message : l'écrivain Piersanti y est aussi pour quelque chose en participant parfois aux travaux de son ami. Quant à Docteur Jekyll et Mister Hyde, le dessin opressant rajoute une dimension supplémentaire à l'histoire originale et marque à jamais le lecteur.

In_the_garden

Mais Mattotti c'est aussi un peintre, un illustrateur de livres ou de journaux tel Le Monde - consultez www.mattotti.com pour vous en faire une idée -, bref, un artiste complet qui vous entraînera dans un maelström de sensations primitives.

Rédigé le 08 mars 2006 | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)

La Transavanguardia

Clemente C'est suite à des décades d'art conceptuel, amorcé par le travail de Marcel Duchamp, que des artistes italiens prônent un retour à une peinture plus traditionnelle et inspirée de leurs propres émotions : la Transavanguardia italienne est née. Ce mouvement, parfois qualifié de néo-expressionisme, doit beaucoup aux grand maîtres de la Renaissance, tels Piero della Francesca, Giotto, Masaccio ou Fra Angelico. Rêves, mythologies ou souvenirs d'enfance, leurs créations réexplorent des thèmes oubliés par la peinture avec une certaine importance accordée à la couleur.

Voici les artistes les plus représentatifs de ce mouvement :

  • Sandro Chia qui s'intéresse au corps de l'Homme.
  • Francesco Clemente qui travaille autour de ses émotions, peurs ou fantasmes.
  • Enzo Cucchi qui aborde les thèmes du voyage et de la mort.
  • Mimmo Paladino qui se penche sur la question de la religion et des mythologies.

A noter que ce mouvement a inspiré d'autres artistes du monde entier et a surtout engendré un autre artiste italien incontournable depuis les années 90 : Lorenzo Mattotti.

Rédigé le 08 mars 2006 dans L'art et la manière | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)

South Park

Cartman 20 minutes de libre ? Envie de voir la société américaine sous forme de dessin animé complètement déjanté ? Pas de problème, les épisodes de South Park sont là : depuis 1997, 8 saisons ont été réalisées par Trey Parker et Matt Stone, la neuvième est en cours de diffusion aux Etats-Unis. Suivez les aventures des fameux enfants Stan, Kyle, Cartman et Kenny, qui bien que violentes et crûes, n'en sont pas moins hilarantes et pertinentes. En effet, à travers cette animation, c'est tout le way of life américain qui est passé en revue : politique, économie, religion...

Si vous aimez les Simpsons ou Futurama de Matt Groening, nul doute que vouz apprécierez ce petit bijou de l'animation américaine.

Rédigé le 02 mars 2006 | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)