Je viens de finir L'oeil et l'esprit de Merlau-Ponty. C'est un livre passionant qui a un mérite important celui de rendre les idées de le Phénoménologie de la perception claires ! Une parole simple et illustré par la peinture qui m'a éclairé (partiellement) sur ce texte que j'avais trouvé abscont (à l'époque) et que j'ai presque envie de relire aujourd'hui. Il s'agit surtout d'une analyse ontologique du regard mais aussi du regard d'un philosophe qui a déjà constitué une oeuvre totale et qui se livre à un exercice de tabula rasa salutaire. Cette oeuvre a été écrite en 1960 durant un séjour estival au Tholonet face à la montage Sainte Victoire et donc sous le regard de Cézanne. Il s'agit aussi de son dernier texte puisque Maurice Merleau-Ponty va mourrir d'un arrêt cardiaque le soir du 3 maii 1961.
Voici quelques notes et extraits de cette lecture :
En ouverture : "La science manipule les choses et renonce à les habiter"
"Il faut qu'avec mon corps se réveillent les corps associés, les "autres", qui ne sont pas mes congèneres, comme dit la zoologie, mais qui me hantent, que je hante, avec qui je hante un seul Etre actuel, présent, comme jamais animal n'a hanté ceux de son espèces, son territoire ou son milieu"[.p13] Il y a comme une sorte de panthèisme humaniste dans cette phrase qui m'a beaucoup perturbé surtout de part l'opposition avec les congenères qui est un terme qu'il marrive d'employer pour parler de mon sentiment de ne rien paratgé avec ce qui furent des amis. c'est aussi et surtout une phrase qui résume bien l'opposition à ontologie dualiste des corps/esprit de Descartes. Problème qu'il pose en ces termes : "L'énigme tient en ceci que mon corps et à la fois voyant et visible"[p.18] on aurait pu faire plus compliqué (oui, il l'a fait aussi).
"La peinture réveille, porte à sa dernière puissance un délire qui est la vision même, puisque voir c'est avoir à distance, et que la peinture étend cette bizarre possession à tous les aspects de l'Etre,"[p.27] Il cite aussi Max Ernst :"De même que le rôle du poète depuis la célébre lettre du voyant consiste à écrire sous la dictée de ec qui se pense, ce qui s'articule en lui, le rôle du peintre est de cerner et de projeter ce qui se voit en lui" [p.30].
Le troisième chapitre traite de l'espace et de son lien avec la vision. il y traite aussi des problèmatiques de perspectuves avec une analyse BRILLANTE. Bon la phrase est peut etre un peu trop Kantienne mais bon : " L'espace est en soi, ou plutôt il est l'en soi par excellence, sa défnition ets d'être en soi". On continue : "Descartes cependant ne serait pas Descartes s'il avait pensé éliminer l'énigme de la vision. Il n'y a pas de vision sans pensée." Là je viens de perdre mon seul lecteur... mais il faut continuer car comme c'est si justement dit dans la Haine l'important c'est la chute. Alors on passe par là : "Le corps est pou l'âme son espace natal et la matrice de tout autre espace existant" pour en arriver à la citation de Dorival sur Cézanne : "il pense en peintre". Comme disait mon prof de math Trivial.
Je ne peux rien extraire du chapitre IV; il faudrait le recopier. Mais je vous extrais celle là : "Jamais peut être avant Klee on n'avait "laissé rêver une ligne"{Michaux}"p.74
Ses sources d'inspiration :
Cézanne
Rodin
Matisse
Klee
Giacometti
Vinci
Les points à creuser :
le dilemne de Malebranche qualifié de sarcastique p.28
incompossibles p.29
Les indications de pages font références au Folio Essais N°13 (pas cher et illustré en couleur).

Oui! superbe est cet essai du moment qu'il instaure une nouvelle vision des choses: L'Art avec un A est un mode de pensée à part entière comme l'est déjà la philosophie ou la science. L'Art nous donne à penser en meme temps qu'il nous donne à voir.
A voir veut dire réfléchir en toute liberté et loin de toute contrainte dogmatique ou doxologique.
Essai à couper le souffle!
Rédigé par : aminet | 11 janvier 2008 à 15:43
J'ai un commentaire à faire sur la phrase de Merlau-Ponty "La science manipule les choses et renonce à les habiter"
Et j'ai quelques difficultés pour trouver un plan.
Pourriez-vous m'aider s'il-vous-plaît.
Merci.
Rédigé par : Nini | 08 mars 2009 à 13:52
En ce qui concerne la phrase "La science manipule les choses et renonce à les habiter", je la comprends comme ça: le fondement de la science c'est l'abstraction digitale ou structurale. Par exemple l'eau devient H2O tout court dans la communication scientifique. Puisque ce système de symbole fonctionne partout sur la planète, on pourrait très bien former la formule H2CO3->H20+CO2 sans qu'il y ait une véritable expérience du changement. Je crois que c'est en ce sens qu'on pourrait dire que la science "manipule". (Cette quesion remonte en fait à Descarte quand il fait ce choix volontaire de privilégier les sensibles communs et considère que les sensibles propres sont plus subjectifs.)
Rédigé par : Sophia-Thérèse | 16 juin 2009 à 05:37
J'ai pour ma part commencé ce beau livre qui m'a été conseillé par ma femme.
Ayant de fortes difficultés à comprendre les 3 premières pages, je lui ai demandé si cela s'éclaircissait un peu par la suite. Elle m'a répondu que non. J'ai donc rangé cette oeuvre passionnante dans ma bibliothèque.
Rédigé par : Thierry | 02 septembre 2009 à 15:15